MON ÂME N’EST PAS À VENDRE

Les créateurs, les plateformes et le public : chercher ensemble plutôt que subir

Les créateurs, les plateformes et le public : chercher ensemble plutôt que subir

PETIT CRÉATEUR

Depuis plusieurs années, je publie presque chaque jour sur Internet.

Je filme, j’écris, je compose des chansons, je partage des savoirs et je réalise des vidéos touristiques. Comme beaucoup de petits créateurs, j’y consacre énormément de temps, avec une seule envie : être utile.

Au fil des années, je me suis aperçu d’une réalité que beaucoup d’entre nous découvrent progressivement.

VISIBILITÉ DES PUBLICATIONS

La qualité d’un contenu ne garantit pas sa diffusion.

C’est une idée difficile à accepter au début. Pourtant, ce n’est pas la même chose.

Une publication peut être appréciée par ceux qui la découvrent, tout en restant peu diffusée. À l’inverse, une publication peut être montrée à des milliers de personnes sans laisser de véritable trace.

Cette distinction change complètement la manière d’interpréter les statistiques.

Les vues, la durée de visionnage, les commentaires, les partages ou les abonnements sont des indicateurs utiles. Mais chacun mesure un phénomène différent. Aucun ne résume, à lui seul, la valeur d’un travail.

Servir mon public

Dans ma vie professionnelle, bien avant Internet, j’ai toujours pris l’habitude de consulter mon public.

Je n’ai jamais considéré mes idées comme des vérités absolues. Elles étaient des propositions que je confrontais à la réalité. Les réactions des personnes concernées m’aidaient à progresser et, parfois, à changer complètement de direction.

Aujourd’hui encore, mon objectif reste le même.

Je ne cherche pas à faire « le plus de vues possible ».

Je cherche à savoir si le temps que je consacre à une publication produit une utilité réelle pour un public qui l’a choisie.

Pour répondre à cette question, il faut que ce public puisse effectivement rencontrer cette publication.

Les plateformes, lieux de rencontre public-créateur

C’est là que les plateformes occupent une place essentielle.

Elles ne sont pas le public.

  • Elles organisent la rencontre entre les créateurs et les personnes susceptibles d’être intéressées par leurs contenus.

Cette mission est devenue considérable. Je comprends parfaitement qu’une plateforme doive financer son fonctionnement, développer ses outils, héberger des milliards de contenus et trouver un modèle économique durable.

Mais les créateurs ont, eux aussi, besoin d’un modèle viable.

Les plateformes vivent grâce aux contenus qu’elles hébergent.

Les créateurs vivent grâce au public qu’ils rencontrent.

Le public, lui, recherche des contenus qui lui apportent quelque chose.

L’interdépendance

Il existe donc une véritable interdépendance.

À mes yeux, la bonne question n’est pas de savoir qui est le plus important.

La bonne question est de savoir comment chacun peut trouver durablement sa place.

L’IA est là

Depuis quelques années, une nouvelle réalité est apparue : l’intelligence artificielle.

Je la considère comme un formidable outil de réflexion.

Pour moi, utiliser l’IA ne consiste pas à déléguer sa pensée.

C’est dialoguer avec une immense bibliothèque vivante.

C’est confronter ses idées, élargir son regard, découvrir d’autres points de vue, puis construire une publication plus claire, plus utile et souvent plus équilibrée.

L’idée finale reste la mienne.

Simplement, elle est devenue meilleure grâce à cette conversation.

Je ne vois donc aucune opposition entre la créativité humaine et l’intelligence artificielle.

Au contraire, je vois une coopération.

Comme dans toute l’histoire des techniques, un nouvel outil ne remplace pas l’humain : il lui permet, lorsqu’il est bien utilisé, d’aller un peu plus loin.

Au fond, ma démarche est restée la même depuis toujours.

  • Je pose des questions.
  • J’observe.
  • J’écoute.
  • J’essaie de comprendre.
  • Je m’adapte lorsque les faits me montrent une meilleure direction.

RÉUSSIR ENSEMBLE

Je pense que beaucoup de créateurs, de plateformes et de membres du public poursuivent finalement le même objectif : partager des contenus utiles, intéressants ou inspirants.

Nous n’avons pas toujours les mêmes contraintes, mais nous avons intérêt à progresser ensemble.

La confiance ne naît pas de certitudes.

Elle naît de la possibilité de comprendre les règles du jeu, de dialoguer et d’améliorer progressivement ce qui peut l’être.

C’est dans cet esprit que je continue à publier.

Non pour avoir raison.

Mais pour chercher, avec d’autres, les chemins qui permettent à chacun de trouver sa place utile dans une société qui évolue sans cesse.